Le Cabinet des Antiques (1839)

La Comédie Humaine : Études de moeurs : Scènes de la vie de province : Les Rivalités : 2/2

Période décrite : 1822 - 1824 +

Thèmes abordés : Amour Politique-Carrières Politique-Corruption

211 pages dans le tome 4 de l'édition de la Pléiade (lire l'édition de poche)

Le Cabinet des Antiques désigne le milieu de cette vieille noblesse de province, ruinée par la Révolution et oubliée par les Bourbons restaurés. Le marquis d'Esgrignon, sa soeur et ses amis incarnent ce groupe social. Hélas ! le fils du marquis, parti pour Paris, y mène joyeuse vie, s'y ruine, commet un faux, risque le bagne. Le Cabinet des Antiques forme une suite de la Vieille Fille même si certains noms ont été modifiés.

4.0/5 Balzac excelle à peindre ces classes sociales pathétiques et dépassées, ces parents détruits par leurs enfants, le caractère impitoyable des temps nouveaux où le nom, la tradition ne sont plus rien, mais où l'argent est tout. Au tableau s'ajoute l'intrigue romanesque. Les frasques d'un jeune homme, sa perte, son salut, c'est un roman d'aventures, c'est aussi le thème des Illusions perdues.

On y retrouve : Me Chesnel, Victurnien (comte puis marquis) d\' Esgrignon, Camusot de Marville, Blondet (père), Diane de Maufrigneuse, comte Henri de Marsay, Eugène-Louis de Rastignac, comte François Keller, Me Cardot, Félicité des Touches, comtesse Hugret de Sérisy, comte Clément Chardin des Lupeaulx, baron Frédéric de Nucingen, comte Maxime de Trailles, marquise de Listomère, marquis de Ronquerolles, Me Derville

Lieux principalement mentionnés (détails) : Venise ; Montmorency ; Villeroy


On peut y lire (+):

  • page 980 De toutes les blessures, celles que font la langue et l'oeil, la moquerie et le dédain sont incurables.
  • page 1030 Les tantes, les mères et les soeurs ont une jurisprudence particulière pour leurs neveux, leurs fils et leurs frères.
  • page 1039 À toutes les fantaisies des femmes, les gens habiles doivent d'abord dire oui, et leur suggérer les motifs du non en leur laissant l'exercice de leur droit de changer à l'infini leurs idées, leurs résolutions et leurs sentiments.
  • page 979 En France, ce qu'il y a de plus national est la vanité.
  • page 1037 Les hommes les plus forts aiment à se tromper eux-mêmes sur certaines choses où la vérité connue les humilierait, les offenserait d'eux à eux.
  • page 1079 D'une jalousie incroyable, en fait de politique conjugale, les Françaises veulent tout savoir.
  • page 991 Il n'y a jamais rien de bon à attendre des jeunes gens qui avouent leurs fautes, s'en repentent et les recommencent.
  • page 959 L'Aristocratie, L'Industrie et le Talent sont éternellement attirés vers Paris, qui engloutit ainsi les capacités nées sur tous les points du royaume, en compose son étrange population et dessèche l'intelligence nationale à son profit.